-Fuck up

By Hélène & Gaby • nov 30th, 2009 • Category: Non classé

Il y a des jours comme ça où tout va bien.

Posées quelques jours à Rishikesh en compagnie d’un vieil ami, on apprécie.

Ville sacrée et proclamée capitale mondiale du yoga, elle bénéfice d’une situation privilégiée pour toutes personnes souhaitant se ressourcer. Au pied de l’Himalaya, la forêt à gauche, et le Gange (encore vierge de toute pollution) à droite.

Un endroit hors du temps. Le cadre idéal. Une ville zen, saine et multiculturelle.

Des voyageurs venus du monde entier, généralement pour du long terme, tous dans un trip Yoga – Je fais du bien à mon corps – Je mange bien…Une renaissance, un enseignement, un autre cadre. Un espace temps qui n’est pas déterminé, pas fixé. Il est propre à chacun.

On se laisse aller. On prend le temps de RESPIRER.

Squattage dans la Guest house de notre ami, à l’image du lieu : accueillante et relaxante. Un petit jardin et 8 chambres. Point de rencontre entre plusieurs cultures ; chacune occupée par une ou deux personnes : une japonaise, deux français, trois espagnoles, une allemande…Située un peu plus au nord de la zone touristique et surtout bénéficiant d’une cuisine commune. Chose rare, mais qui fait vraiment la différence. En plus de toutes ces qualités, cet endroit en devient même économique.

Ces quelques jours à Rishikech ont remué plein de choses dans nos têtes.

Le calcul est vite fait :

Pour un hébergement dans une guest house avec une cuisine, des douches et toilettes à l’extérieur – mais propres et avec eau chaude -, un petit déj’ dans un restau – pancakes au Nutella, des toasts au beurre et du thé – des courses au marché – plein de légumes, du riz et des pates – un cocktail dans un bar l’après midi – deux cours de yoga dans la journée = 6 euros par jour.

Aperçu rapide du coût d’une année à ce rythme là:

Personnes sensibles, respirez un bon coup avant de lire la suite.

6 euros x 365 jours=2190 euros.
Oui, c’est bien ça. Environ 2000 euros pour vivre pendant un an. Tout frais compris, du « all inclusive » comme il n’en existe même pas en dernière minute.

Remise en question.

Je reste ici ?
Je rentre en France ?
Je reste ici ?
Je rentre en France ?

Bon ok, je le fais à pile ou face ? Si demain il pleut je reste ? S’il fait moins de 35° dans 2 jours je rentre ? Si la prochaine personne qui vient me parler a quelque chose de bleu sur lui je reste ? Si je vois un indien décoloré en blond dans la troisième rue parallèle à la guest house entre 15h et 16h je rentre ?

Analyse d’un retournement de cerveau fatidique.

Tout a commencé par une observation élémentaire.
Tous ces gens rencontrés viennent d’horizons complètement différents. Ils ont tous comme points communs de travailler deux mois dans l’année et de repartir voyager. Nouveau concept de vie que l’on ne nous apprend pas à l’école.

C’est à ce moment là, que la journée parfaite devient une journée remplie d’interrogation. On a 24 ans…il est peut être temps de s’avoir ce dont on rêve pour notre futur professionnel et personnel.

Travailler deux mois par an en France et rester dans un endroit comme ça ; vivre avec peu d’argent et finalement avoir beaucoup dans un endroit comme Rishikech…
Une vie tranquille…mais sans trop d’ambitions.

On pèse le pour.
On pèse le contre.

Rentrer en France et travailler ? Mais travailler pour quoi ? La crainte d’oublier toutes les envies que l’on a eu pendant ce voyage, de se faire absorber par une routine qui ne nous épanouit pas, et peur de nous réveiller un jour, dans plusieurs années, et de nous dire que nous avons loupé quelque chose.

Et d’un autre côté, vivre dans un rêve au quotidien ne le rend t’il pas routinier ?

Vivre avec ce rythme là, c’est dans un sens la vie rêvée…aux premiers abords. : On construit sa vie pour soit, comme on l’entend, pas de règles, pas d’obligations, pas de comptes à rendre…mais c’est aussi vivre dans l’instabilité, ne pas construire de projets sur le long terme, ne pas avoir de retraite, ne pas prétendre à plus…

A nous de choisir ce qui nous correspond le plus et ce dont on a envie.

Le compte à rebours commence.

Tic
Tac
Tic
Tac

…En rentrant il faudra savoir.

Mais il y a cette envie de vouloir tout faire et puis cette prise de conscience du temps qui passe. On ne peut pas tout faire en même temps et peut être qu’un jour il sera trop tard.
La peur de rentrer en France et de se faire absorber par un travail que l’on n’aime pas, qui nous bouffe, qui ne nous épanouit pas.
Rentrer dans une routine fastidieuse. Mélange d’ennui et de dégout. Une asthénie irréversible face au quotidien…rien de très joyeux.

Rien de très réjouissant non plus dans notre entourage. Des jeunes diplômés en recherche d’emploi depuis beaucoup trop longtemps pour nous faire comprendre que le retour ne sera pas si facile que ce que l’on a voulu nous faire croire.

Pour ceux qui ont déjà signés : dolents, cafardeux et exploités…

Qu’elle est belle la jeunesse diplômée !

Ces quelques jours nous ont finalement, après de longues discussions, vraiment donné envie de rentrer en France. Nous mettre à fond dans la recherche d’un vrai travail. Un travail en rapport avec nos compétences et notre niveau d’études. Un travail qui nous épanouira et qui sera en accord avec nos valeurs.

Mettre son savoir au profit d’une entreprise qui nous intéresse, qui partage son expérience avec nous, qui nous motive, qui nous stimule.

Travailler pendant au moins deux ans, mettre le plus d’argent de côté, pour nous permettre par la suite, de concrétiser chacune un projet qui nous tient à cœur : création d’entreprise, achat d’un bien immobilier…

Bien sûr, la crise d’angoisse n’est jamais très loin.

« On a 24 ans. Quand on va rentrer, le temps que l’on trouve un vrai travail, on en aura presque 25. Si on veut travailler au minimum deux ans, on pourra commencer à créer un business vers 27 ans. Si on compte qu’au moins pendant les 2 premières années on ne peut pas vraiment avoir de salaire ni emprunter pour acheter un bien immobilier, on arrive à 30 ans. Là, peut être que l’on aura le temps et l’argent qu’il faut pour faire un enfant. Le temps de le mettre en route et d’accoucher…on en aura 32… ! Merde, dans 5 ans on a 30 ans…dans 7… 32… ! »

Généralement, à l’énonciation de ces maximes on a la gorge qui se resserre tellement que l’on coupe net à  la discussion.

Mais en prenant un peu de recul, on se rend compte que le véritable cadeau de ce voyage, c’est d’avoir pu nous rendre compte que des endroits comme ça existent. Même si l’on n’a pas le temps de tout faire en même temps, la vie est longue et il n’y a pas d’âge pour profiter d’un nouveau départ.

Une nouvelle ouverture à des chemins d’épanouissement…qui nous étaient encore inconnus…que c’est bon de voyager !

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2 Responses »

  1. I feel it, I got it et je valide! Merci ;-)

  2. Tout le monde le dit… On me l’avait déjà dit aussi. Je te l’ai certainement affirmé à plusieurs reprises dans une volonté de parfaire ton éducation…
    Tu as voulu voir ci c’était vrai et la confirmation est là : LES VOYAGES FORMENT LA JEUNESSE !

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